Violent séisme au Japon

 
Les sauveteurs s’efforçaient mardi de venir en aide aux milliers de sans-abri, dont beaucoup de personnes âgées, tandis le débat sur la sécurité nucléaire prenait de l’ampleur, au lendemain du séisme qui a fait 9 morts et un millier de blessés dans le centre du Japon. En marge des opérations de secours, le gouvernement a réprimandé la direction de la compagnie électrique Tepco après un incendie et une légère fuite radioactive dans sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa, une des plus grandes du monde.

Plus d’un millier de policiers et pompiers ont poursuivi leurs fouilles dans les ruines de centaines de bâtiments détruits par la principale secousse de lundi qui a atteint une magnitude de 6,8 sur l’échelle de Richter. Une personne est toujours portée disparue. "Des opérations de secours tous azimuts sont en cours. Nous n’avons pas de temps à perdre dans l’hypothèse où se trouveraient encore des victimes sous les décombres", a déclaré Masahiko Sato, un porte-parole des secours à Kashiwazaki, la ville la plus touchée (ce sont en effet dans les 3 heures qui suivent le séisme que le plus de survivants sont retrouvés, passées 12 heures, les chances se réduisent rapidement).

Mardi matin, les autorités ont dépêché en renfort 450 militaires et sept bâtiments de la Marine dans la région de Niigata pour participer aux opérations de ravitaillement en eau et en nourriture des rescapés. La Croix-Rouge a envoyé 24 médecins sur place, plus spécialement chargés de s’occuper des rescapés les plus âgés.

Selon le dernier bilan officiel provisoire, le séisme a fait neuf morts (six femmes et trois hommes), tous des septuagénaires et des octogénaires (qui vivent majoritairement dans les maisons traditionnelles en bois qui se sont effondrées), et au moins 1.060 blessés. Les opérations se déroulent sous une forte pluie et dans la crainte des répliques, dont une centaine parfois très puissantes ont déjà frappé la région depuis lundi, a constaté une journaliste de l’AFP.

A dix jours d’importantes élections et au plus bas dans les sondages, le Premier ministre Shinzo Abe, qui s’était rendu aussitôt sur place lundi, a ordonné à ses ministres "d’agir sans délai" pour venir en aide aux victimes. Quelque 12.000 habitants ont passé la nuit dans des écoles et des bâtiments publics transformés en abris de fortune. "Les dégâts sont beaucoup graves que ce à quoi nous nous attendions", a avoué Hiroshi Aida, le maire de Kashiwazaki, un port de 100.000 habitants, adjurant ses administrés d’être "patients". Quelque 340 immeubles ont été complètement détruits et 500 autres endommagés dans les préfectures de Niigata et de Nagano, selon les autorités locales. La circulation est impossible sur plusieurs routes fissurées par la secousse ou bloquées par des éboulements.

Par ailleurs, la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa, à proximité de l’épicentre du séisme, était totalement arrêtée à la suite d’une petite fuite d’eau radioactive et d’un feu dans un tranformateur. Des vêtements et des gants potentiellement contaminés par des radiations sont aussi tombés par terre lors de la secousse. "Je reconnais qu’il y a eu une certaine inefficacité dans nos mesures" de lutte anti-incendie, s’est excusé le président de Tokyo Electric Power (Tepco), Tsunehisa Katsumata, après s’être fait réprimander par le ministre de l’Economie et de l’Industrie, Akira Amari. La lenteur à régler l’incident "pourrait amener les gens à ne plus faire confiance à l’énergie nucléaire", s’est inquiété le ministre. Le Japon, qui dispose de très peu de ressources naturelles, dépend à 35% du nucléaire civil pour son électricité. "Le plus effrayant c’est de penser qu’il puisse y avoir un grave accident à la centrale nucléaire", a déclaré à l’AFP Takumi Nakata, un enseignant de 38 ans, après avoir passé la nuit dans un hébergement d’urgence. "J’espère qu’ils disent la vérité et que cet accident était bénin", a-t-il poursuivi.

La région de Niigata avait subi le 23 octobre 2004 un séisme de magnitude 6,8 qui avait fait 67 morts et plus de 3.000 blessés, et avait fait dérailler un Shinkansen.

Le bilan de ce séisme démontre, malgré la désorganisation relative du système de secours dans les premières heures, la très bonne préparation du Japon à ce type de catastrophes. Le Japon est sans aucun doute le pays le mieux préparé et le mieux protégé contre les tremblements de terre. Pour comparaison, les séismes de Boumerdès en Algérie et de Bam en Iran, avec des magnitudes comparables, avaient fait respectivement plus de 2000 et plus de 40 000 victimes… Reste à s’interroger sur la nécessité d’implanter des centrales nucléaires, hautement sensibles, dans des zones sismiques (même si cette région du Japon n’est pas forcément la plus sismique du pays). En tout cas cette affaire fait un peu désordre…

Voici une carte réalisée par l’USGS sur les intensités observées lors de ce séisme. Plus c’est rouge, plus le séisme a été ressenti violemment… L’étoile est l’épicentre du tremblement de terre.

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