Des coyotes dans les villes américaines

 
Non non, je ne vais pas vous parler du coyote qui poursuit sans succès Bip-Bip depuis des années…  J’adore ce cartoon! Mais d’un article passionnant de l’Associated Press qui parle de la présence de plus en plus massive de ce cousin du loup dans les grandes villes des Etats-Unis. Alors que leur gibier et leur espace naturel se réduisent de plus en plus, ils colonisent de nouveaux espaces dans le midwest et se sont admirablement adaptés à la vie urbaine où ils ne sont pas chassés (très craintifs, ils ne s’approchent pas de l’homme et s’attaquent rarement à lui) et où ils trouvent une grande quantité de nourriture (lapins, rats, poubelles…).
 
On n’avait sans doute jamais vu autant de coyotes dans les grandes villes aux Etats-Unis! Ainsi, au mois d’avril, certains de ces animaux se sont risqués dans des rues de Detroit, dans une sandwicherie du centre-ville de Chicago et dans un magasin de matelas de Kansas City (Missouri). De quoi inquiéter certains habitants…
 
A Middletown (New Jersey), à une soixantaine de kilomètres de New York, un garçon de cinq ans vient par exemple d’être mordu par un des ces animaux et a reçu 46 points de suture à la tête. La police a abattu un coyote dans la région, mais a averti qu’au moins quatre autres de ces bêtes rodaient dans les environs.

Ces animaux, qui s’adaptent remarquablement à leur environnement, vagabondent essentiellement dans des régions rurales. Depuis pas mal d’années, on avait aussi remarqué leur présence dans les zones urbaines, mais selon des naturalistes, leur nombre semble avoir augmenté parce qu’ils migreraient des grands espaces de l’Ouest et du Sud-Est américains vers l’Est et le Midwest.

Dans les régions peuplées, ils sont attirés par les lapins et autres rongeurs plus faciles à chasser que les faons dans la forêt. Par ailleurs, les parcs, les parcours de golf et les zones résidentielles bien entretenues leur fournissent des endroits pour se cacher, et ils y trouvent de quoi se nourrir. Ils peuvent aussi déguster de la nourriture pour chiens ou des déchets alimentaires qui ont été jetés dans des poubelles, ce qui améliore leur ordinaire.

"S’ils peuvent vivre là, ils le feront", affirme John Shivik, un biologiste du Centre de recherche américain sur la faune sauvage.

Personne ne sait précisément combien de coyotes rodent dans les zones urbaines aux Etats-Unis, notamment parce que le cousin du loup gris est si furtif qu’il échappe à toute comptabilité précise. Mais selon les experts, le nombre de ces animaux a augmenté régulièrement ces dix dernières années, notamment dans le Midwest et dans l’Est. La recrudescence des troupeaux de cervidés dans ces régions pourrait en partie expliquer leur arrivée.

Autour de Chicago, la présence des coyotes est indubitable. Quelque 541 coyotes ont été capturés dans l’Illinois ces trois dernières années. Sur ce nombre, 312 ont été capturés dans la région de Chicago, selon le service des Ressources naturelles de cet Etat. A la fin des années 80, on ne recensait qu’une dizaine de coyotes dans la région de Chicago, essentiellement dans les zones agricoles, note Stan Gerht, professeur spécialisé dans l’étude de la faune sauvage à l’université de l’Etat de l’Ohio. Ils seraient aujourd’hui plusieurs milliers dans la région de Chicago.

"La tendance est définitivement à la hausse", souligne le biologiste Bob Bluett, en notant qu’ils ne risquent pas grand-chose s’ils ne s’aventurent pas sur les routes, où ils peuvent se faire écraser. Le coyote retrouvé dans une sandwicherie, par exemple, a débarqué au milieu de la journée dans le quartier d’affaires de Chicago. Il a été capturé, et finalement relâché dans une zone suburbaine.

Depuis des décennies, les coyotes sont associés à l’Ouest américain, provoquant quelque 47 millions de dollars (35 millions d’euros) de pertes à l’industrie bovine et 10 millions de dollars (7,43 millions d’euros) à l’industrie ovine, selon les estimations du ministère de l’Agriculture.

Mais les coyotes "des villes" font désormais aussi parler d’eux. Le mois dernier, le "Washington Post" a rapporté que des coyotes ont fait leur apparition ces dernières années dans la banlieue de la capitale américaine, et les biologistes estiment qu’il y en a au moins 1.250 dans le nord de la Virginie.

Une telle prolifération (et la perspective éventuelle d’un "conflit" humain-coyote) n’inquiète pas outre-mesure les défenseurs des animaux sauvages. "La plupart de coyotes sont de bons coyotes (Note: C’est très américain ça comme expression!). Ils vivent leur vie, et ils nous laissent tranquilles", estime Bob Bluett. "Les gens tentent d’exterminer les coyotes depuis 200 ans. Et ils ont échoué lamentablement", assure-t-il.

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