Découverte d’une exoplanète de “Glace chaude”

 
Désidément que de découvertes astronomiques depuis quelques mois. Dommage qu’on doive se contenter de regarder!
 
Des astronomes de l’Université de Genève ont découvert qu’une planète tournant autour d’une petite étoile située à trente années-lumière de la Terre pourrait être composée de "glace chaude".Cette exoplanète, connue des scientifiques depuis trois ans, fait 22 fois la masse de notre planète et orbite autour d’une "naine rouge" baptisée GJ436, souligne mercredi l’Université de Genève dans un communiqué.

La planète, l’une des quelques 220 connues à ce jour pour exister en dehors du système solaire, avait été découverte par la méthode dite des "vitesses radiales", qui donne incidemment de bonnes indications sur sa masse. Depuis l’observatoire OFXB de Saint-Luc (Valais), les astronomes suisses ont cette fois-ci surpris la planète lorsqu’elle transitait entre son astre et la Terre. La mesure de l’infime atténuation de la luminosité de l’astre par son satellite leur a permis de déterminer la taille de la planète.

En croisant les deux mesures – masse et taille de l’exoplanète – les astronomes ont pu en déduire sa densité. Et, surprise, cette densité ne correspondait ni à celle d’une planète rocheuse, comme la Terre, ni à celle d’une planète gazeuse. Cette planète devrait en fait être composée d’eau.

Selon les chercheurs suisses, la proximité entre la planète et son étoile, ainsi que le vraisemblable effet de serre qu’elle subit, permettent d’évaluer la température à sa surface à plus de 300 degrés centigrades. Si l’eau de son atmosphère se trouve donc à l’état de vapeur, celle à l’intérieur de la planète devrait exister sous forme de glace chaude, un état de l’eau inconnu sur la Terre, mais déjà reproduit en laboratoire.

"A très haute pression, la glace se transforme d’abord en eau liquide, puis en solide plus dense que l’eau et la glace, de la même manière que le carbone – sous forme de graphite – se transforme en diamant sous la pression", explique Frédéric Pont, spécialiste des transits à l’Université de Genève. "Si nos océans étaient beaucoup plus profonds, ces formes exotiques de glace se formeraient sur leur fond", ajoute M. Pont, cité dans le texte.

Les astronomes suisses vont maintenant tenter d’analyser l’atmosphère de la planète, par analyse spectrographique de la lumière de l’étoile, avant et pendant son occultation par son satellite. Par soustraction, ils devraient pouvoir déduire les éléments constituant l’atmosphère de l’exoplanète. Ces mesures sont impossibles depuis le sol – l’atmosphère terrestre contenant de la vapeur d’eau – et devront être effectuées par les télescopes spatiaux Hubble et Spitzer. "Mais c’est une expérience très difficile à mener, du fait de la faible taille de la planète", souligne M. Pont.

Le télescope qui a servi à cette découverte est un télescope amateur de 60 centimètres, implanté près du mont Cervin. "Pour la mesure des transits, l’équipement n’est pas si important. Il faut être là au bon moment et les grands observatoires ne sont pas disponibles pour ce type de mesure", ajoute-t-il.

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