Houle géante sur la Réunion

 
La Réunion se préparait lundi à l’arrivée d’une nouvelle "houle australe" gigantesque venue de l’Antarctique, tout en s’affairant à réparer les dégâts causés par un premier passage du phénomène, qui a fait deux disparus ce week-end. Selon Météo-France des vagues de 8 à 10 mètres de hauteur, équivalentes à celles observées au cours du week-end, pourraient déferler sur le littoral sud et ouest dans la nuit de lundi et mardi.

Le préfet de l’île a en conséquence interdit pour 24 heures à partir de 15H00 locales (13H00 à Paris) lundi, toutes les activités nautiques ainsi que la circulation piétonne sur le littoral dans l’ensemble des communes des côtes sud et ouest de l’île. Les recherches ont repris lundi matin à Saint-Pierre (sud) pour tenter de retrouver deux pêcheurs portés disparus depuis que leur bateau a fait naufrage samedi soir.

Provoquée par une tempête dans l’antarctique, à plus de 3.000 km de l’île française de l’océan Indien, la violente "houle australe" a causé d’importants dégâts aux habitations et aux établissements situés sur le littoral ainsi que dans les ports où des dizaines de bateaux ont été coulés ou endommagés.
 
Le préfet Pierre-Henri Maccioni, qui s’est rendu lundi dans les zones sinistrées, a annoncé la mise en place prochaine d’un "plan événements météorologiques dangereux" destiné à informer la population et à prévoir des recommandations en cas de vents forts, pluies violentes et houles importantes. De nombreux habitants ont regretté l’absence d’un système d’alerte équivalent à ce qui existe pour les cyclones.
 
"S’il y avait un accident c’était pour ma pomme", a par exemple déclaré lundi à l’AFP Olivier Rousselier, directeur du complexe des Villas du Lagon à Saint-Gilles, zone balnéaire de la côte ouest, déplorant de ne pas avoir été informé de l’arrivée de la houle. Sur place, des ouvriers s’affairaient à édifier une petite digue de sable pour protéger les lieux, où Jacques Chirac a passé des vacances. Au port de Saint-Gilles, pêcheurs et plaisanciers s’activaient lundi à sécuriser les embarcations encore en place, coincées par l’ensablement du port, a expliqué un responsable.
 
Les hôtels du littoral ont également pris des mesures de "sécurisation", selon les responsables du secteur. "Cela n’a rien à voir avec un tsunami. Tout le monde est à nouveau opérationnel" a déclaré à l’AFP Jean-Pierre Bordier, président de la fédération des syndicats du tourisme.
 
Le secteur, déjà fortement éprouvé par l’épidémie du chikungunya en 2006 et le passage du cyclone Gamède fin février, a engagé dès dimanche une communication auprès des tour-opérateurs pour les rassurer. La Réunion n’a accueilli l’an dernier que 280.000 touristes – 130.000 de moins qu’en 2005 – soit une baisse des recettes de 110 millions d’euros, selon le dernier bilan du Comité régional du tourisme.

Les événements du week-end n’ont pas fait que des malheureux. Trois tortues marines ont ainsi réussi à s’échapper des installations d’élevage de la ferme Kelonia de Saint-Leu, un centre de recherche qui a été dévasté. "J’espère qu’elles ont pu passer la barrière de corail", a confié le directeur du centre, Stéphane Ciccione.
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