L’après premier tour… 2007

Les sondages avaient prévu le résultat, mais tellement habitué aux mauvaises surprises, tout le monde a douté jusqu’à la dernière minute… D’autant que la très forte participation est venue brouiller les cartes. A qui allaient aller ces votes? Qui les nouveaux votants allaient-ils soutenir? Finalement, pas de grandes surprises mais à la vue de résultats, on peut se demander qui a gagné…
Nicolas Sarkozy arrive avec une avance confortable. Mais à quel prix? Durant plusieurs semaines, il a droitisé son discours à outrance, tenant souvent des propos très limites, voire nauséabonds. On se demande comment un président qui ne peut pas mettre les pieds en banlieue pourra mener une politique apaisée de réconciliation… Il a dragué l’extrême droite pour s’assurer un matelat confortable et une dynamique de premier tour. Reste a savoir si les électeurs centristes le suivront les yeux fermés, sans se souvenir de ses errements. D’autant qu’à droite, De Villiers et Le Pen n’ont pour le moment pas donné de consignes de vote même si le report de leurs voix fait assez peu de doute. Sarkozy peut tenir de beaux discours beaucoup plus centristes (je ne vois pas trop quelle catégorie de français il n’a pas cité hier soir, faisant preuve d’une belle démagogie), le mal est fait.
Pour Ségolène Royal, la situation est encore plus complexe. Seule, elle réalise un très bon score, mais c’est un peu l’arbre qui cache la forêt tant les petits candidats de gauche se sont pris une râclée monumentale. Elle s’est battue seule, les éléphants ne l’ayant pas vraiment soutenue. Ils n’ont probablement toujours pas digéré d’avoir été largement battus lors de la primaire… Ségolène n’a pas de réelle marge de manoeuvre et d’ailleurs on la sentait très tendue lors de son discours d’hier soir. Elle n’a pas vraiment tendue la main à l’UDF, mais sans les centristes, elle ne gagnera pas l’élection… Il faut être clair, le calcul arithmétique la donne perdante (environ 48.5% contre 51.5% à Sarkozy). Mais il reste une part d’irrationnel dans le vote et le débat du second tour pourrait tout changer.
Bayrou, avec un très bon score (plus de 18%) a réussi son pari. Même s’il n’atteint pas le second tour, il obtient plus de voix que Chirac au premier tour de 2002! Mais, il est aujourd’hui dans une situation très difficile… Soit, il rejoint sa famille de droite et passe un peu pour une truffe après ses beaux discours ni droite, ni gauche, soit il ne donne pas de consignes de vote et prend le risque de voir son groupe parlementaire disparaître lors des législatives de juin… La dernière solution reste le rapprochement avec Ségolène Royal autour d’un grand projet de refondation de la République. Mais il est peu probable que, dans cette dernière option, les membres de l’UDF les plus puissants, qui s’affichent tous de droite, le suivent…
Ensuite, pour Le Pen, je l’avais prévu il y a déjà plusieurs mois, et j’en suis assez fier! Il a fait une grosse contre performance. Concurrencé sur son terrain par Sarkozy, il n’a pas pu le contrer. Il a fait finalement peu parler de lui et les thèmes de la campagne ne lui étaient pas vraiment favorables. Les journalistes l’ont aussi mieux interviewé, montrant les limites de son raisonnement et de son programme. Le Pen a, en outre, sous-estimé le besoin de renouvellement du personnel politique. C’était sans doute le combat de trop pour lui. Mais ce mauvais résultat met aussi sa fille en difficulté au FN. C’est elle qui s’est chargé de cette campagne, qui a fait s’adoucir le discours de son père, et c’est un échec important qui risque de la marginaliser. Mais attention au rebond si Sarkozy, élu, se plante et déçoit (comme ça ne devrait pas manquer de se produire!).
Restent les petits candidats. Si Besancenot s’en tire plutôt bien (en-dessous malgré tout des 5%), pour les autres c’est la soupe à la grimace! Le discours FN light de De Villiers n’a pas pris (tant mieux!), les communistes ne représentent plus qu’eux même (et encore…) et les Verts ont été vampirisés par la pacte écologique de Nicolas Hulot. L’extrême gauche a clairement payé ses très fortes divisions qui ont empêché la mise en place d’une dynamique porteuse qu’elle avait su créer lors du référendum sur la Constitution Européenne. Tous les candidats du Non ont été laminés…
Au final, les deux semaines qui viennent seront évidemment décisives… Pour Ségolène ce sera très très dur, mais aucune élection n’est gagnée à l’avance…
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