La santé ne doit plus être dépendante de critères de rentabilité

 
Depuis quelques jours, les médias se sont largement fait l’échos de l’arrêt de la fabrication du Nivelar indispensable pour soigner les malades atteints d’aplasie médullaire, maladie très rare (quelques centaines de cas en France). Ce médicament, qui s’avère être aussi un produit dopant (anabolisant) très efficace était jusque récemment utilisé également par un certain nombre de sportifs mais, avec le développement des contrôles anti-dopage, ceux-ci ont cessé de le prendre, faisant reculer les ventes.
 
A partir de là, la production du Nivelar ne devenait plus suffisamment rentable et le laboratoire pharmaceutique a décidé unilatéralement, sans prévenir les malades et médecins spécialistes, d’en stopper la production. Au-delà de la méthode qui est en soi scandaleuse, c’est le choix économique de faire passer la rentabilité avant la survie d’êtres humains qui est simplement inadmissible. Certes, le ministre de la santé est rapidement intervenu pour trouver un accord de production avec le laboratoire. Mais ne nous y trompons pas, c’est parce que l’Etat va mettre la main à la poche, va subventionner cette production que le laboratoire va poursuivre la fabrication du Nivelar…
 
Cette affaire qui s’est apparemment conclue très rapidement, crée en réalité un grave précédent. Alors que les médecins sont forcés (à juste titre) de soigner tous les malades, les laboratoires pharmaceutiques ne sont soumis à aucune éthique, aucune obligation de soins vis-à-vis de malades dont la survie dépend pourtant de leurs médicaments. Rien n’oblige les laboratoires à un suivi des soins et si demain ils souhaitent arrêter la production de tous les médicaments peu rentables, souvent pour soigner des maladies rares, rien ne peut les en empêcher.
 
Devant ce manque flagrant d’éthique, l’Etat se doit d’intervenir et de se doter rapidement d’un arsenal législatif bien plus répressif pour empêcher que de telles situations ne se reproduisent. La santé de tous est un bien commun et ne devrait pas être soumise à des visées mercantiles et aux circuits commerciaux traditionnels. Un laboratoire ne devrait pouvoir stopper la production d’un médicament tant que la molécule n’est pas tombée dans le domaine public, permettant la production de génériques. Cette affaire prouve que la volonté de grand groupes privés n’est en rien compatible avec le service public vital qu’est la production de médicaments. On s’insurge beaucoup de la privatisation actuelle d’un grand groupe gazier (alors que l’on peut facilement remplacer un mode d’énergie par un autre…) mais personne ne songe à dénoncer la privatisation de la santé humaine qui peut pourtant avoir des conséquences vitales pour chacun d’entre nous…
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